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Hypnothérapie

Poids et hypnose : sortir du piège des régimes

5 août 2026 · 13 min de lecture · Vincent Foulogne
Table de cuisine baignée de lumière chaude, un repas simple, évoquant un rapport apaisé à la nourriture
Réponse rapide

Les kilos s'installent rarement par manque de volonté. Le plus souvent, ils arrivent doucement, à la faveur d'un changement de vie, quand des habitudes se décalent sans qu'on s'en aperçoive. Le régime, lui, aggrave le problème : il remplace par des règles extérieures une régulation que le corps possède déjà, la faim et la satiété. Cette boussole n'est pas perdue, seulement recouverte. L'hypnose ne vous apprend pas à manger : elle aide à en retrouver le contact. Aucun régime, aucun aliment interdit, aucune promesse de chiffre sur la balance.

Ça commence presque toujours par un changement de vie. Un déménagement, l'entrée dans le monde du travail, l'installation à deux. Rien de dramatique, plutôt le contraire : souvent une bonne période. Et pourtant, quelque part dans ces mois-là, quelque chose se décale.

On mange un peu plus. Un peu plus souvent, un peu plus vite, un peu plus tard le soir. Rien de spectaculaire, rien qu'on remarque sur le moment. Les kilos s'installent au ralenti, quelques-uns par an, sur deux ou trois ans. Puis un jour, un vêtement qui ne ferme plus, une photo, une remarque, et le constat tombe d'un coup, comme s'il était arrivé du jour au lendemain.

La première explication qui vient à l'esprit est presque toujours la même, et c'est la plus injuste : je manque de volonté. C'est faux, et c'est même le contraire qui s'est produit. Personne ne décide de prendre du poids. On a simplement perdu le fil, doucement, sans s'en rendre compte. Comprendre comment ce fil se perd, c'est déjà commencer à le retrouver.

Comment les kilos s'installent vraiment

Quand j'écoute les personnes qui viennent me voir pour leur rapport au poids, je n'entends presque jamais une histoire de gourmandise ou de laisser-aller. J'entends une accumulation de petits décalages, dont aucun n'a été décidé, et qui pris ensemble finissent par peser lourd, au sens propre.

La nourriture est là, tout le temps. À portée de main, disponible à toute heure, agréable et immédiate. Dans un quotidien plus dense, plus fatigant, elle devient l'une des rares gratifications faciles de la journée. On ne mange plus seulement parce qu'on a faim, on mange parce que c'est là et que ça fait du bien un instant.

Elle devient une récompense. Après une journée difficile, une contrariété, une soirée sans énergie, se servir quelque chose est un réconfort compréhensible et humain. Le problème n'est pas le réconfort, il est dans l'automatisme : la journée dure appelle mécaniquement la nourriture, sans qu'on ait vraiment faim. Ce sont ces kilos-là, venus du réconfort plus que de la faim, que l'on désigne parfois par l'expression « kilos émotionnels ». Quand ce réflexe se déclenche surtout le soir, en rentrant du travail, il rejoint souvent une tension accumulée dans la journée, un terrain que j'aborde dans l'article sur l'anxiété au travail.

Elle devient un langage, à deux. Dans un couple, cuisiner pour l'autre, proposer, resservir, partager un dessert, tout cela dit l'attention et l'affection bien plus que les mots. Refuser une part semble parfois refuser le geste lui-même. On mange alors pour être ensemble, ce qui est une belle chose, mais qui déconnecte un peu plus le repas de la faim réelle.

Les repères se déforment. Les horaires deviennent irréguliers, les repas se prennent debout, vite, devant un écran. On finit son assiette parce qu'on nous a appris à ne pas gâcher. On mange jusqu'à se sentir plein, alors qu'être simplement rassasié aurait suffi. Chacune de ces habitudes semble anodine, et elle l'est. Le problème n'est jamais l'une d'elles en particulier.

Car le point commun de tous ces décalages, c'est qu'ils nous éloignent d'une seule et même chose : les signaux du corps. On ne mange plus quand la faim arrive, on ne s'arrête plus quand elle s'en va. On a cessé de consulter la boussole. Elle n'est pas cassée pour autant. On a juste arrêté de la regarder.

Le réflexe du régime, et pourquoi il aggrave

Quand le constat tombe, la réponse qui s'impose paraît évidente : puisque j'ai trop mangé, je vais moins manger. Je fais un régime. C'est logique, c'est courageux, et c'est presque toujours voué à l'échec. Non par faiblesse, mais à cause de la méthode elle-même.

Le régime attaque le mauvais problème. La difficulté venait d'un éloignement des signaux du corps ; le régime, lui, propose de s'en éloigner encore davantage, en remplaçant la faim par des règles extérieures. Ce qu'il faut manger, en quelle quantité, à quel moment, tout est désormais dicté par un tableau, plus du tout par les sensations. On ne répare pas une boussole en cessant complètement de s'y fier.

Il y a pire. La restriction stricte a un effet paradoxal, bien documenté. Les psychologues Janet Polivy et Peter Herman ont décrit dès les années 1980 ce qu'ils ont appelé la restriction cognitive1 : les personnes qui s'imposent un contrôle rigide sur leur alimentation perdent le contrôle plus facilement que les autres une fois qu'une règle a été transgressée. Un carré de chocolat de trop, et puisque « la journée est fichue », autant terminer la tablette. La règle, censée protéger, fabrique elle-même le craquage.

Et sur la durée, les chiffres sont sans appel. Une large synthèse menée par l'équipe de Traci Mann a montré que la reprise du poids perdu après un régime est la règle, pas l'exception2. La plupart des gens reprennent ce qu'ils avaient perdu, et parfois davantage. Là encore, ce n'est pas une affaire de volonté : c'est un effet prévisible d'une méthode qui lutte contre le fonctionnement naturel du corps au lieu de s'appuyer sur lui.

Si les régimes vous ont déjà déçu, ce n'est donc pas vous qui avez échoué. C'est une approche qui ne pouvait pas tenir.

Comprenons-nous bien : le problème n'est pas de vouloir changer sa façon de manger. Ce qui ne fonctionne pas, c'est la forme que prend le régime, une parenthèse de restriction qu'on tient quelques semaines en serrant les dents, avant de revenir tôt ou tard à l'ancien fonctionnement. Ce qui change réellement les choses, c'est l'inverse d'une parenthèse : un réajustement qui s'installe dans la durée et que l'on ne tient plus à la volonté, parce qu'il est redevenu naturel. Non pas manger moins pendant un mois, mais retrouver, sur le long cours, une façon de se nourrir ajustée à ses besoins réels.

Vous vous reconnaissez dans ce parcours ? Un premier échange de vingt minutes, gratuit et sans engagement, permet de faire le point sur votre situation et de voir si un accompagnement est adapté. Si ce n'est pas le cas, je vous le dirai et je vous orienterai.

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Vous savez déjà manger

Voici l'idée qui change tout, et qui est trop rarement dite : la capacité à se nourrir correctement n'a pas à être apprise. Elle est là depuis le début.

Regardez un tout-petit à table. Il mange quand il a faim, il repousse l'assiette quand il n'a plus faim, et aucun argument au monde ne le fera avaler une bouchée de plus s'il n'en veut pas. Il ne compte rien, ne culpabilise de rien, et régule son alimentation avec une justesse que bien des adultes lui envieraient. Cette capacité est innée. Nous l'avons tous eue.

Elle repose sur ce que les chercheurs appellent l'interocéption : la perception des signaux internes du corps3. La faim qui monte, la satiété qui s'installe, le moment juste où l'on a assez. Ce sont des informations que le corps envoie en permanence, et que nous avons simplement appris à ne plus écouter, à force de règles, d'habitudes et de repas pris sans y être vraiment.

C'est une nuance décisive. On ne part pas d'un manque à combler, mais d'une compétence à raviver. La boussole n'est pas à fabriquer, elle est à dégager de tout ce qui s'est empilé par-dessus : les « finis ton assiette », les régimes successifs, les repas avalés devant un écran, et cette habitude d'utiliser la nourriture pour autre chose que la faim. C'est ce dernier point, le lien entre les émotions et l'assiette, que je détaille dans un article dédié à l'alimentation émotionnelle.

Ni un médecin, ni un diététicien

Pour situer clairement mon travail, le plus simple est de dire ce qu'il n'est pas. Non pour dévaloriser ces métiers, qui ont chacun leur place et leur utilité, mais parce que la confusion est fréquente et qu'elle mérite d'être levée.

Ce n'est pas une démarche médicale. Je ne pose aucun diagnostic, je ne traite aucune pathologie, je ne fais pas de la perte de poids un objet de soin. La balance n'est pas mon outil. Si votre poids est associé à un enjeu de santé, c'est votre médecin qui en juge et qui pilote, et l'accompagnement peut éventuellement venir à côté, jamais à sa place.

Ce n'est pas non plus une démarche diététique. Vous ne repartirez pas de séance avec un plan alimentaire, une liste d'aliments interdits ou des portions à peser. Le diététicien travaille sur le contenu de l'assiette, et c'est un travail précieux. Le mien porte sur autre chose : le rapport à la nourriture. Pas ce que vous mangez, mais comment, pourquoi, et à l'écoute de quoi.

C'est précisément parce que ce niveau, celui du rapport, échappe à la fois aux règles diététiques et à la volonté, qu'une autre approche a du sens.

Ce que l'hypnose vient raviver

Un mot de cadrage pour commencer, car les promesses fleurissent sur ce sujet et beaucoup sont malhonnêtes. L'hypnose ne fait pas fondre les kilos par magie et n'agit pas directement sur la balance. Ce qu'elle vise est en amont : retrouver le contact avec ce que votre corps sait déjà faire.

Soyons clairs pour autant, car cet article s'adresse à des personnes qui souhaitent perdre un surpoids installé. Pour quelqu'un dans cette situation, une alimentation redevenue ajustée à ses besoins réels a une conséquence naturelle : le corps relâche peu à peu ce qu'il portait en trop. La perte de poids n'est donc pas l'outil du travail, elle en est le résultat. C'est une nuance décisive : on ne court pas après un chiffre, on restaure un fonctionnement, et le poids suit son propre chemin.

L'état hypnotique est un état d'attention particulier, dans lequel on accède plus facilement aux automatismes qui, d'ordinaire, échappent à la volonté. J'explique en détail ce qu'il est dans l'article consacré à l'hypnose ericksonienne. Voici ce sur quoi il devient possible d'agir dans le rapport à la nourriture.

Réapprendre à sentir la faim et la satiété. Ralentir, revenir dans le corps, retrouver la différence entre l'envie et le besoin, et ce moment précis où l'on a assez. Ce sont des sensations que l'on peut réapprendre à percevoir, comme on rééduque un sens qu'on avait mis en veille.

Défaire les associations automatiques. Le lien « journée difficile égale grignotage », le geste machinal vers le placard, la nourriture appelée par l'émotion plutôt que par la faim. Ces réflexes se sont installés par répétition ; ils peuvent se défaire de la même façon.

Alléger les croyances héritées. « Il faut finir son assiette », « se faire plaisir, c'est forcément craquer », « je n'ai aucune volonté ». Ces phrases, souvent transmises très tôt, gouvernent des comportements sans jamais être questionnées. C'est le terrain des croyances limitantes, là où la simple prise de conscience ne suffit pas à changer les choses.

Sortir du pilote automatique. Manger vite, distrait, sans y être, revient à ne pas vraiment manger, et donc à ne jamais se sentir nourri. Retrouver l'attention, le goût, la présence à table, c'est souvent redécouvrir que l'on mange mieux en mangeant moins.

J'articule ce travail avec une approche cognitive et comportementale, c'est-à-dire un examen concret du lien entre ce que vous pensez, ce que vous ressentez et ce que vous faites, et avec la sophrologie lorsque le corps est très coupé de ses sensations. C'est un cheminement progressif, propre à chacun, que nous ajustons ensemble au fil des séances, et non un programme décidé d'avance. Pour vous représenter le déroulement d'une rencontre, j'ai décrit ce qui se passe pendant une séance.

Ce que cet accompagnement ne remplace pas

Il y a des situations où le rapport à la nourriture relève d'un autre cadre que le mien, et où le prétendre serait irresponsable.

  • Les troubles des conduites alimentaires (TCA). Ils relèvent d'une prise en charge médicale et pluridisciplinaire. Si la question se pose pour vous, la bonne démarche n'est pas de vous situer vous-même par rapport à telle ou telle définition, mais d'en parler à un médecin, seul à même de faire la part des choses.
  • Un enjeu de santé. Si votre poids est lié à une question médicale, c'est le médecin qui coordonne. Un accompagnement sur le rapport à la nourriture peut s'inscrire à côté, en bonne intelligence avec lui.
  • Une garantie de résultat. La perte de poids est la conséquence attendue d'un rapport à la nourriture retrouvé, mais je ne fixe ni chiffre ni délai, et personne d'honnête ne le devrait. Elle suit un rythme propre à chacun, que je ne peux pas décider à votre place.

Enfin, si le rapport à la nourriture s'accompagne d'une détresse importante, n'attendez pas : parlez-en à votre médecin, ou appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et joignable à toute heure.

Retrouver, plus qu'apprendre

S'il ne fallait garder qu'une idée de tout ceci, ce serait celle-ci : vous n'avez pas à apprendre à bien manger, vous l'avez déjà su. Les kilos qui se sont installés ne disent rien de votre valeur ni de votre volonté. Ils sont la trace d'habitudes qui se sont décalées, et d'un contact avec votre corps qui s'est distendu, dans une période de la vie qui demandait votre énergie ailleurs.

Ce contact peut se retrouver. Pas en luttant contre soi à coups de règles, mais en réapprenant à s'écouter. C'est un travail patient, sans spectaculaire, où l'on avance à son rythme.

Un mot, pour finir, sur ma place dans ce chemin. Mon rôle est de comprendre ce que vous vivez, de vous aider à repérer les décalages, et de créer les conditions pour que la boussole se dégage. Mais c'est vous qui la consultez de nouveau, repas après repas. Je ne mange pas à votre place, et je ne le voudrais pas : je vous aide à retrouver quelque chose qui n'a jamais cessé de vous appartenir.

Retrouver un rapport apaisé à la nourriture.

Un échange de vingt minutes, gratuit et sans engagement, pour faire le point sur votre situation et voir si cette approche vous conviendrait. Si ce n'est pas le cas, je vous le dirai et je vous orienterai. Cabinet à Paris 10ᵉ ou en visioconférence.

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Questions fréquentes

Vais-je perdre du poids avec l'hypnose ?

Je ne promets aucun chiffre ni aucun délai, et méfiez-vous de quiconque le fait. Cela dit, soyons clairs : pour une personne en surpoids, revenir à une alimentation ajustée à ses besoins conduit naturellement le corps à relâcher le poids en trop. La perte de poids est donc la conséquence attendue, pas l'outil. L'accompagnement agit en amont, sur le rapport à la nourriture : retrouver le contact avec la faim et la satiété, défaire les automatismes, alléger les croyances qui pèsent. Le reste suit, à un rythme propre à chacun.

En quoi est-ce différent d'un régime ?

Un régime impose des règles extérieures : quoi manger, en quelle quantité, à quel moment. C'est justement ce qui vous éloigne encore plus des signaux de votre corps, et ce qui explique que les régimes tiennent rarement dans la durée. La démarche est ici inverse : aucun interdit, aucune règle, mais un réapprentissage de l'écoute de vos propres sensations.

Et par rapport à un diététicien ou un nutritionniste ?

Ce sont des métiers différents et complémentaires. Le diététicien travaille sur le contenu de l'assiette, l'équilibre alimentaire, les apports. Mon travail porte sur le rapport à la nourriture : pourquoi et comment vous mangez, à l'écoute de quoi. Les deux peuvent tout à fait se combiner ; ils n'agissent simplement pas au même endroit.

Faut-il que j'arrête de me peser ?

Il n'y a pas de règle, et surtout pas de dogme. Pour certaines personnes, la pesée fréquente entretient une préoccupation qui parasite l'écoute du corps ; pour d'autres, elle est neutre. Nous en parlons ensemble, selon ce qui vous aide ou vous encombre. L'idée générale de l'accompagnement est de déplacer l'attention de la balance vers les sensations.

Est-ce que ça peut aider si je grignote surtout par stress ou le soir ?

Oui, c'est même l'un des motifs les plus fréquents. Le grignotage qui répond à une émotion plutôt qu'à la faim est au cœur de ce qu'on peut retravailler. Selon votre situation, l'article sur l'alimentation émotionnelle détaille ce mécanisme, et celui sur l'anxiété au travail l'aborde quand la tension vient du cadre professionnel.

Combien de temps dure un accompagnement ?

Il n'y a pas de durée standard, et je me méfie des programmes qui en annoncent une. Cela dépend de l'ancienneté des habitudes, de ce qui les entretient et de votre rythme. C'est un processus continu, dont nous évaluons régulièrement la pertinence ensemble, et que vous restez libre d'interrompre à tout moment.

Poids Rapport à la nourriture Hypnose ericksonienne Sans régime Paris 10
Vincent Foulogne, hypnothérapeute et sophrologue à Paris 10ᵉ

Vincent Foulogne

Hypnothérapeute · Sophrologue certifié RNCP · Paris 10ᵉ

Formé à l'hypnose ericksonienne et certifié RNCP en sophrologie, j'accompagne les adultes sur leur rapport à la nourriture, l'anxiété et les transitions de vie. Cabinet à Paris 10ᵉ et en visioconférence. En savoir plus sur mon parcours.

Sources

  1. Polivy J. & Herman C. P. Dieting and binging: A causal analysis. American Psychologist, 40(2), 1985. Théorie de la restriction cognitive.
  2. Mann T., Tomiyama A. J., Westling E. et al. Medicare's search for effective obesity treatments: diets are not the answer. American Psychologist, 62(3), 2007. Sur la reprise de poids après régime.
  3. Herbert B. M. & Pollatos O. The body in the mind: on the relationship between interoception and embodiment. Topics in Cognitive Science, 4(4), 2012. Sur l'interocéption et la perception des signaux internes.