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Hypnothérapie

Hypnose ericksonienne à Paris 10 : fonctionnement et applications

3 juin 2026 · 13 min de lecture · Vincent Foulogne
Fauteuil de cabinet et lumière tamisée, symbolisant le cadre apaisant d'une séance d'hypnose thérapeutique
Réponse rapide

L'hypnose ericksonienne est une approche thérapeutique fondée sur la suggestion indirecte et la transe naturelle. Elle ne ressemble pas à ce que vous avez vu sur scène. Vous restez conscient, vous gardez le contrôle, et la transe que vous traversez est du même ordre que la rêverie ou l'absorption totale dans un film. Ce qui change, c'est ce qu'on fait avec cet état.

Quand on parle d'hypnose, la plupart des gens pensent à deux choses : le pendule et le sujet qui fait le poulet. Ces images viennent du music-hall et de la télévision. Elles n'ont rien à voir avec ce qui se passe en cabinet thérapeutique.

L'hypnose ericksonienne est une autre pratique entièrement. Elle porte le nom d'un psychiatre américain qui a transformé en profondeur notre compréhension de l'inconscient et des états modifiés de conscience. Comprendre d'où elle vient permet de comprendre pourquoi elle fonctionne différemment.

Milton H. Erickson : une approche née d'une expérience personnelle

Milton H. Erickson (1901-1980) est considéré comme le plus grand hypnothérapeute du XXe siècle. Psychiatre et psychologue américain, il a développé une approche radicalement différente de l'hypnose classique de son époque, qui reposait sur des inductions directes et autoritaires.

Ce qui rend son parcours particulier, c'est qu'il a lui-même été confronté à deux épisodes graves de poliomyélite, le premier à 17 ans, qui l'a laissé temporairement paralysé. C'est en observant ses propres processus inconscients pendant sa rééducation qu'il a commencé à développer ses intuitions sur la plasticité de l'esprit et les ressources internes de chaque individu.

Sa thèse centrale : chaque personne possède, en elle, les ressources nécessaires à son changement. Le rôle du thérapeute n'est pas d'imposer une solution depuis l'extérieur, mais de créer les conditions dans lesquelles la personne peut mobiliser ses propres capacités.

C'est une rupture fondamentale avec l'hypnose classique, qui supposait que le thérapeute savait mieux que la personne ce qui lui convenait, et lui imposait des suggestions directes. Erickson a inversé cette logique.

Ce qui distingue vraiment l'approche ericksonienne

La suggestion indirecte, pas le commandement

L'hypnose classique utilise des formules directes : "Vous allez dormir", "Votre peur disparaît", "Vous n'avez plus envie de fumer". Ces injonctions directes ont deux défauts majeurs. D'abord, l'inconscient résiste souvent aux ordres explicites, surtout chez les personnes à fort sens critique. Ensuite, elles ignorent la singularité de chaque personne.

Erickson a développé un langage hypnotique fondé sur la suggestion indirecte : métaphores, histoires, formulations ambiguës, "double bind" thérapeutique. Plutôt que d'ordonner un changement, on crée les conditions dans lesquelles le changement peut émerger naturellement.

Concrètement, cela ressemble moins à un médecin qui prescrit qu'à un guide qui ouvre des portes. La différence de résultat est significative, parce que la résistance naturelle de la personne est contournée plutôt qu'affrontée.

La transe comme état naturel, pas artificiel

Vous connaissez déjà la transe. Vous l'avez traversée aujourd'hui, probablement plusieurs fois.

C'est l'état dans lequel vous êtes quand vous conduisez un trajet familier et que vous réalisez, en arrivant, que vous ne vous souvenez pas du chemin. C'est l'absorption totale dans un livre ou un film. C'est la rêverie du matin entre le réveil et le lever. Ce sont des états d'attention focalisée, différents de la vigilance ordinaire, mais pas de l'inconscience.

L'hypnose ericksonienne travaille avec ces états naturels. Elle ne cherche pas à "endormir" le sujet ni à le rendre passif. Elle facilite l'accès à un état dans lequel l'attention est tournée vers l'intérieur, les résistances habituelles s'abaissent, et les suggestions atteignent plus facilement les niveaux où les schémas profonds sont enregistrés.

Une approche centrée sur les ressources

L'hypnothérapie ericksonienne ne part pas du problème pour aller vers la solution. Elle part des ressources existantes de la personne. Qu'est-ce qui fonctionne déjà ? Quels moments de la vie illustrent une capacité à dépasser, à se calmer, à faire confiance ? Ces ressources existent, même chez les personnes qui pensent en être dépourvues. L'hypnose les rend accessibles dans les contextes où elles manquent habituellement.

C'est pourquoi l'hypnose ericksonienne est une approche brève comparée à certaines thérapies analytiques : on ne cherche pas à tout comprendre, on cherche à activer ce qui peut changer.

Hypnose ericksonienne et hypnose classique : ce qui les distingue

Le mot "hypnose" recouvre des pratiques très différentes, et la confusion entre elles crée souvent des attentes inadaptées.

L'hypnose classique fonctionne sur des suggestions directes : "Vous n'avez plus envie de fumer", "Votre anxiété diminue", "Vous êtes détendu". Ces formules peuvent fonctionner pour des problématiques précises et des personnes très réceptives. Mais elles se heurtent à la résistance naturelle de beaucoup de gens. Pour quelqu'un qui réfléchit beaucoup ou qui se méfie de l'hypnose, une injonction directe produit souvent l'effet inverse.

L'hypnose ericksonienne propose plutôt qu'elle n'ordonne. Elle utilise des métaphores, des histoires, des formulations qui laissent de la place à la personne. Le thérapeute s'adapte à ce que vous lui apportez, à vos mots, à vos représentations. C'est une approche qui se construit ensemble, pas quelque chose qu'on vous fait.

C'est pour cette raison qu'elle fonctionne si bien : en ne dictant pas la réponse, elle laisse chacun s'approprier librement les suggestions et les relier à sa propre expérience. Ce que votre inconscient en fait lui appartient. Ce n'est pas le thérapeute qui décide du sens, c'est vous qui le trouvez, à votre façon.

Vous souhaitez savoir si l'hypnose ericksonienne peut vous aider ? Un premier échange de 20 minutes, sans engagement, permet de faire le point sur votre situation et de voir si l'approche est adaptée.

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Ce que la transe ericksonienne n'est pas

Avant d'aller plus loin, je veux clarifier quelques points qui reviennent systématiquement lors des premières séances.

Vous ne perdez pas conscience

La transe thérapeutique n'est pas un état d'inconscience ou de sommeil. Vous entendez ce que dit le thérapeute. Vous pouvez ouvrir les yeux à tout moment. Vous vous souvenez de la séance. Ce qui change, c'est le type d'attention : moins tournée vers l'extérieur, plus tournée vers l'intérieur. C'est un état de concentration focalisée, pas de dissolution.

Vous ne pouvez pas être manipulé contre votre gré

C'est le malentendu le plus répandu, alimenté par les hypnotiseurs de scène. En réalité, l'inconscient refuse les suggestions contraires aux valeurs profondes du sujet. Une personne en état hypnotique qui reçoit une suggestion qu'elle désapprouve sort naturellement de la transe ou l'ignore. Ce n'est pas le thérapeute qui dirige : c'est une collaboration.

Ce n'est pas une thérapie magique en une séance

L'hypnose thérapeutique n'est pas un interrupteur qu'on actionne. Pour des problématiques installées depuis des mois ou des années (anxiété chronique, confiance en soi, troubles du sommeil), le changement s'opère progressivement, sur plusieurs séances. La plupart des annonces promettant des résultats en une séance concernent des problématiques très spécifiques et des sujets très réceptifs. Je vous dirai toujours honnêtement ce qui est réaliste pour votre situation.

Pour quoi l'hypnose ericksonienne est-elle efficace ?

La recherche sur l'efficacité de l'hypnose thérapeutique s'est considérablement développée depuis les années 1990, notamment avec l'accès à l'imagerie cérébrale (IRMf). Voici les domaines où le niveau de preuve est solide.

Les troubles anxieux et le stress chronique

L'anxiété est probablement l'indication la plus documentée de l'hypnose ericksonienne. Les mécanismes sont bien identifiés : la transe active le système parasympathique, interrompt les boucles de rumination1, et permet d'accéder aux schémas cognitifs profonds qui entretiennent l'anxiété. Combinée à des approches cognitives et à la sophrologie pour le volet corporel, elle donne des résultats durables là où la relaxation seule s'avère insuffisante.

Les phobies spécifiques

La désensibilisation par l'hypnose est l'une des techniques les mieux validées pour les phobies2. L'état hypnotique permet d'exposer la personne à la situation phobique dans un cadre sécurisé, sans déclencher la réaction de panique. Le cerveau ré-associe progressivement le stimulus à un état de calme plutôt qu'à l'alerte. La plupart des phobies spécifiques (avion, araignées, prise de parole, aiguilles) répondent bien en 3 à 6 séances.

Les troubles du sommeil

L'hypnose et le sommeil : j'ai consacré un article entier à ce sujet. En bref, l'hypnose n'endort pas. Elle agit sur ce qui empêche le sommeil : les ruminations, le conditionnement lit/insomnie, l'hyperactivation du système nerveux. Les résultats les plus significatifs s'obtiennent en combinant hypnose (pour le mental) et sophrologie (pour le corps).

La confiance en soi et les croyances limitantes

Les croyances limitantes opèrent en dessous du niveau conscient. Vous pouvez comprendre intellectuellement que "je suis capable" et continuer à vous saboter. L'hypnose intervient là où la prise de conscience cognitive s'arrête : au niveau des associations inconscientes qui dirigent réellement vos comportements. La confiance en soi est une des problématiques pour lesquelles l'approche ericksonienne offre une profondeur que les techniques purement cognitives atteignent difficilement.

Le rapport à l'alimentation

L'alimentation émotionnelle est une problématique où les injonctions conscientes ("je dois manger moins") échouent systématiquement. Les comportements alimentaires compulsifs ont une dimension inconsciente forte : ils répondent à des besoins émotionnels non satisfaits autrement que par la nourriture. L'hypnose permet d'identifier et de modifier ces dynamiques profondes.

Ce que l'hypnose ericksonienne ne peut pas faire

Je préfère vous le dire clairement, parce que les annonces qui circulent sur l'hypnose entretiennent parfois des espoirs qu'aucun praticien honnête ne peut tenir.

  • Elle ne traite pas les troubles psychiatriques sévères (schizophrénie, troubles bipolaires, épisodes dissociatifs). Ces pathologies relèvent du psychiatre.
  • Elle ne remplace pas un traitement médical. Pour la dépression, les troubles anxieux sévères ou la douleur chronique, je travaille en complémentarité avec le médecin traitant, jamais à sa place.
  • Elle ne fonctionne pas sans votre engagement. L'hypnose ouvre des portes. Mais c'est vous qui passez le seuil. L'investissement entre les séances (pratique des outils, exercices entre les rendez-vous) conditionne en grande partie la durabilité des résultats.
  • Elle n'efface pas les souvenirs. Ce que vous avez vécu reste accessible. Ce qui peut changer, c'est la charge émotionnelle associée à ces souvenirs et la façon dont ils influencent vos comportements présents.

Mon approche : ericksonienne et intégrative

Je suis formé à l'hypnose ericksonienne, mais je ne l'utilise pas de façon isolée. Mon approche est intégrative : j'associe l'hypnose ericksonienne et la sophrologie en fonction de ce que la situation demande.

L'hypnose ericksonienne travaille le mental : les associations inconscientes, les schémas profonds, les ressources internes. La sophrologie travaille le corps : le système nerveux autonome, la respiration, les tensions chroniques. Sur la plupart des problématiques que je rencontre (anxiété, sommeil, confiance, alimentation), les deux dimensions sont impliquées.

Travailler uniquement l'hypnose, c'est agir sur le logiciel sans toucher au matériel. Travailler uniquement la sophrologie, c'est gérer les symptômes sans atteindre les causes profondes. La combinaison des deux est, dans mon expérience, ce qui produit les changements les plus durables.

Pour en savoir plus sur le déroulement concret d'une séance, j'ai décrit en détail ce à quoi vous pouvez vous attendre, depuis la prise de rendez-vous jusqu'aux exercices entre les séances.

Ce que vous ressentez pendant une séance

C'est souvent la première question, et rarement la première posée. La plupart des gens arrivent avec une image en tête : être transporté ailleurs, perdre le fil, vivre quelque chose d'intense. Cette attente mérite d'être nommée, parce qu'elle peut créer une déception inattendue : la séance s'est bien passée, mais "il ne s'est pas passé grand-chose".

C'est là que réside le malentendu le plus courant.

Vous restez conscient tout au long de la séance. Vous entendez ce que je dis. Vous pouvez penser, vous souvenir, ouvrir les yeux à tout moment. Ce n'est pas un sommeil. Ce n'est pas une perte de contrôle. C'est un état où votre attention se tourne vers l'intérieur plutôt que vers ce qui vous entoure.

Les sensations les plus souvent décrites : une lourdeur agréable dans les membres, ou parfois le contraire, une légèreté. Une chaleur diffuse. Un relâchement progressif. Certaines personnes vivent la transe comme quelque chose de fort et marquant. Beaucoup la décrivent comme quelque chose de plus ordinaire, presque simple.

Deux choses changent vraiment : le rapport au temps (une séance de 45 minutes peut sembler avoir duré 10 minutes) et les bruits environnants (ils continuent d'exister, mais ne captent plus l'attention de la même façon).

Cette sensation de simplicité n'est pas un signe que ça ne fonctionne pas. C'est souvent le contraire.

Questions fréquentes

L'hypnose ericksonienne est-elle la même chose que l'hypnose de spectacle ?

Non. L'hypnose de spectacle sélectionne des sujets particulièrement suggestibles et crée une dynamique de groupe basée sur la pression sociale. L'hypnose ericksonienne est une approche thérapeutique coopérative : vous restez conscient, vous gardez le contrôle, et vous pouvez sortir de la transe à tout moment. Ce ne sont pas les mêmes pratiques, même si elles utilisent le même mot.

Peut-on être non hypnotisable ?

La transe ericksonienne est un état naturel que tout le monde connaît : la rêverie, l'absorption dans un film, le trajet en métro dont on ne se souvient pas. Tout le monde peut y accéder. Certaines personnes y entrent plus facilement que d'autres, mais il n'existe pas de profil radicalement réfractaire à l'hypnose thérapeutique. Ce qui varie, c'est la profondeur de la transe, et les protocoles s'adaptent à chaque profil.

Est-ce qu'on peut perdre le contrôle sous hypnose ?

Non. C'est le principal malentendu sur l'hypnose. Vous ne perdez pas conscience. Vous n'êtes pas manipulable contre votre gré. L'hypnose ericksonienne est coopérative : le thérapeute propose, vous acceptez ou non. Si une suggestion ne vous convient pas, votre inconscient la rejette naturellement. Vous vous souvenez de la séance.

Combien de séances faut-il pour voir des résultats ?

Cela dépend de la problématique. Pour une phobie spécifique ou un arrêt du tabac, 3 à 5 séances suffisent souvent. Pour l'anxiété chronique, les troubles du sommeil installés ou le travail sur la confiance en soi, on parle plutôt de 6 à 10 séances. Je préfère vous donner une estimation honnête à la première séance, après avoir compris votre situation.

L'hypnose ericksonienne est-elle remboursée par l'Assurance Maladie ?

Non. L'hypnose thérapeutique n'est pas reconnue comme acte médical par l'Assurance Maladie et n'est donc pas remboursée. Certaines mutuelles prennent en charge une partie des séances dans le cadre de leurs garanties bien-être ou médecines alternatives. Vérifiez vos garanties "prévention" ou "médecines douces". Je peux vous fournir une facture détaillée à transmettre à votre mutuelle.

Quelle est la différence entre l'hypnose ericksonienne et la méditation ?

Les deux induisent un état de calme et réduisent l'activation du stress. Mais leur logique est différente. La méditation apprend à observer ses pensées sans y réagir : c'est un entraînement de l'attention sur la durée. L'hypnose ericksonienne utilise cet état pour accéder aux associations inconscientes et les modifier activement. La méditation développe une compétence au fil du temps ; l'hypnose intervient plus directement sur des schémas installés.

Peut-on faire quelque chose entre les séances ?

Oui. Ce qui se passe entre les séances compte beaucoup dans la durée des résultats. L'autohypnose, c'est-à-dire apprendre à retrouver seul un état de détente et de recentrage, est une piste que l'on peut explorer ensemble selon où en est votre travail. Ce n'est pas quelque chose de compliqué. C'est une compétence qui s'acquiert progressivement, et qui prolonge ce qui est travaillé en séance.

Une question sur ce que l'hypnose peut apporter à votre situation.

Avant de prendre rendez-vous, vous pouvez réserver un échange de 20 minutes pour faire le point. Sans engagement. Si l'approche ne correspond pas à ce dont vous avez besoin, je vous le dirai. Cabinet à Paris 10ᵉ ou en visioconférence.

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Hypnose ericksonienne Milton Erickson Transe thérapeutique Hypnothérapie Paris 10
Vincent Foulogne, hypnothérapeute et sophrologue à Paris 10ᵉ

Vincent Foulogne

Hypnothérapeute ericksonien · Sophrologue certifié RNCP · Paris 10ᵉ

Formé à l'hypnose ericksonienne et certifié RNCP en sophrologie, j'accompagne les adultes dans leur anxiété, leurs troubles du sommeil et leurs transitions personnelles et professionnelles. Cabinet à Paris 10ᵉ et en visioconférence. En savoir plus sur mon parcours.

Sources

  1. Kirsch I., Montgomery G., Sapirstein G. Hypnosis as an adjunct to cognitive-behavioral psychotherapy. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 63(2), 1995. Méta-analyse portant sur 18 études comparatives.
  2. Hawkins R. M. A systematic meta-review of hypnosis as an empirically supported treatment for pain. Pain Reviews, 8(2), 2001.
  3. Erickson M. H., Rossi E. L. Hypnotherapy: An Exploratory Casebook. Irvington Publishers, 1979. Ouvrage de référence sur les techniques de suggestion indirecte.
  4. Yapko M. D. Trancework: An Introduction to the Practice of Clinical Hypnosis. 4ᵉ éd. Routledge, 2012.
  5. American Psychological Association. Hypnosis for the relief and control of pain. APA, division 30, 2004.